La Mélatonine et la Glande Pinéale

Posted janvier 1st, 2010 by Dr. Marc Greenberg

Le mystère de la mélatonine commence avec le sommeil et la glande pinéale.  A l’origine des rythmes circadiens on trouve les noyaux suprachiasmatiques, oscillateur central de notre horloge biologique. C’est l’horloge qui est la clé de notre système du sommeil. Ces deux noyaux de l’hypothalamus antérieur de quelques dizaines de milliers de petits neurones ont un rythme d’activité biochimique et électrique spontané. Celle-ci est cependant entraînée et synchronisée par la lumière du jour par l’entremise de la voie rétino-hypothalamique.

Les noyaux représentent le coeur de la production de la mélatonine. À partir des noyaux suprachiasmatiques, les informations sont relayées à plusieurs structures dont la glande pinéale par une voie polyneuronale complexe. On s’attendrait en effet à ce que les voies nerveuses qui relient ces deux structures du diencéphale le fassent directement. Or il n’en est rien : elles font un long détour par la moelle épinière, avant de revenir à la glande pinéale située pourtant tout près de l’hypothalamus. Durant la journée, l’activité du NSC diminue celle d’une autre région de l’hypothalamus, le noyau paraventriculaire (la flèche rouge indique cette inhibition). Les axones du noyau paraventriculaire descendent ensuite jusqu’aux neurones sympathiques préganglionnaires de la corne latérale de la moelle épinière. À leur tour, ces cellules modulent l’excitabilité de neurones des ganglions cervicaux supérieurs dont les axones projettent finalement sur la glande pinéale (aussi appelée épiphyse). L’histoire de la melatonine commence avec un découvert aux États-Unis.

En 1958 Aaron B. Lerner, de l’Université de Yale (États-Unis), a découvert la mélatonine. Toutefois, l’engouement pour la mélatonine a pris son essor en 1995, grâce à une campagne médiatique bien orchestrée autour de la publication d’un livre écrit par Russell J. Reiter et Jo Robinson. Aux États-Unis, en 2001, les ventes de mélatonine se chiffraient à plus de 80 millions de dollars.

La mélatonine, qu’on a vite surnommée l’« hormone miracle », a fait naître les plus folles espérances. Aujourd’hui, le ton est plus modéré, mais plusieurs chercheurs croient qu’elle possède de nombreuses propriétés thérapeutiques, y compris dans le domaine du traitement du cancer. D’autres pensent plutôt qu’il faut traiter ce produit avec circonspection puisqu’il s’agit d’une hormone et que nous maîtrisons encore mal les effets subtils à long terme de ces puissantes substances.

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